Stephen est criminologue à Interpol, basé à Lyon et tombe sur le dossier vieux de quinze ans d'une gamine qui a tué ces parents à coups de sabre en allemagne. Les trous manifestement volontaire dans le dossier piquent sa curiosité. En recoupant des dossiers pour boucher les trous, il se lancera sur les traces d'Ann X, insaisissable psychopathe à qui il attribuera des centaines de meurtre. Loin d'être invisible, Ann X a le don de passer totalement inaperçue et de ne pouvoir être vu que de ceux qu'elle choisit
Stephen comprendra vite qu'il n'est pas le premier à s'intéresser au dossier, et encore moins le seul. Ann X attire, autant qu'elle dérange.

Amis des polar et du complot soyez les bienvenus. Parce que sans s'en rendre comptre, Stephen va se retrouver au milieu d'un énorme sac de nœuds dans lequel on trouve pèle-mêle, interpol, dst, brd, dgse, fbi, cia, nsa, kgb, politiques, europe, états-unis, industriels[1] et a peu près toutes les relations/colusions/collisions/aversions possibles et imaginables entre toutes ces entités.

Même si tous les poncifs du genre y passent[2], c'est bien amené, et l'on évite les écueils classiques. Chaque élément se met en place progressivement et, à chaque fois, éclaire d'une nouvelle lumière tout ce qui s'est passé avant. Est-ce le chat qui poursuit la souris, ou la souris qui est utilisée pour appâter le chat ? Tout le monde dans ce petit jeu est à la fois la souris, le chat, l'appât et le piège d'un autre. Si il y a bien une question à laquelle il est difficile de répondre, même à la fin, c'est qui à manipulé qui.

Mais ce n'est pas grave, cela ne nuit nullement à la compréhension de l'histoire. C'est même un des points forts de ce bouquin, malgré l'incertitude permanente, limite malsaine, sur les motivations de chacun, les choses ne sont pas confuses. On sait où l'on en est, sans perdre le fil. La naïveté de Stephen qui découvre ce monde, qu'il ignorait jusque là, y est pour beaucoup. On apprend en même temps que lui à évoluer dans ce milieu où confiance et certitude sont des mots vides de sens et pourtant indispensables pour survivre.

Évidement, ce livre est l'occasion de taper un peu, ou de faire réfléchir, sur les réelles motivations des décisions des grands de ce monde. Mais aussi sur la culpabilité et la responsabilité collective que l'on a à les laisser faire. Plus surprenant, cette visite du monde des gens 'transparents', tout ceux qui existe mais sur qui on ferme les yeux et dont on n'a même pas à feindre de ne pas avoir vu et qui sont pourtant bien là. Les SDF en sont l'exemple le plus flagrants, mais cela concerne bien plus de gens. La encore, c'est bien amené, ça ne vire pas au mélo ou à la culpabilisation facile, c'est juste un constat. Un constat qui encourage juste à ouvrir un peu plus les yeux sur le monde.

J'aime tout particulièrement la citation qui sert de conclusion Le passé n'est qu'un prologue[3].

A noter qu'une partie de l'histoire se passe à Lyon et est le prétexte à des ballades dans la ville. Ayant passé plus de 4 ans dans cette belle ville, c'est agréable de se rappeler de pleins d'endroits et petites rues que j'avais oubliée depuis. J'ai marché dans ces mêmes rues, et manger dans les mêmes restau[4].

Bref, un excellent polar avec juste la toute petite pointe de fantastique nécessaire pour aller plus loin que les classiques du genre[5].


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Notes

[1] et j'en oublie surement

[2] on découvre même qui a tué JFK :)

[3] elle même conclusion du film JFK d'Oliver Stone

[4] mais sans être suivi par des flics d'interpol, du moins, je ne crois pas :)

[5] oui parce que les gens dont le visage est naturellement flou sur les caméras, ça n'existe pas je crois :)